Cameroun: les sécessionnistes ont parlé à Fru Ndi

Ni John Fru Ndi ex-otage

Pour le moment, si le mystère demeure sur conditions de libération de l’opposant camerounais, président national du SDF, le mystère demeure d’avantage sur ce message que les séparatistes armés ont passé au chairman. Jusqu’ici, son parti politique explique que le désormais ex-otage prendra la parole le moment venu sans pour autant préciser la date, pour apporter plus d’explications sur son enlèvement. « Le président national s’exprimera en temps opportun sur les contours de sa détention et sur les circonstances exactes de sa captivité par ses ravisseurs», a indiqué samedi sur sa page Facebook, le ministre du shadow cabinet du SDF en charge de l’information, Jean Robert Wafo.

Au sein de la classe politique, l’acte semble ne pas trop émouvoir. Pas vraiment assez de condamnations et les demandes de libération. Certes samedi au lendemain du rapt, l’opposant Cabral Libii avait exprimé sa « compassion », tout en souhaitant que le « chairman » soit libéré « dans de brefs délais »

Ni John Fru Ndi n’est pas à son premier enlèvement. Le 27 avril 2019, « Power » comme ses militants l’ont surnommé, en référence à ses moments les plus forts de sa vie politique dans les années 90, avait été kidnappé par les séparatistes anglophones. Ce jour-là, il se rendait aux obsèques du député Joseph Banadzem, président du groupe parlementaire SDF à l’assemblée nationale du Cameroun. Son cortège avait été intercepté par des combattants séparatistes qui l’avaient retenu comme otage pendant plusieurs heures avant de le libérer. Ni John Fru Ndi avait expliqué que les milices séparatistes lui avaient demandé de rallier leur cause, ce qu’il a refusé.Par ailleurs, ses ravisseurs ne l’avaient pas torturé, mais avaient échangé avec lui sur la crise que traverse cette partie du pays.

D’après certains spécialistes camerounais de la communication, « la polémique née du premier kidnapping a favorisé le mutisme de la classe politique. Après cet incident, l’opinion selon laquelle les leaders anglophones monteraient leurs propres enlèvements pour se positionner comme des acteurs clés de la crise qui secoue leurs région d’origine a abondamment circulé. »

Si le rapt jusqu’ici n’a pas encore été revendiqué, les soupçons pèsent sur les sécessionnistes qui en veulent à l’homme fort de Ntarikon de ne pas accompagner la dynamique de partition du pays. Ni John Fru Ndi et le SDF ont toujours prôné le fédéralisme.

La médiation Suisse

Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d’un État indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Fin 2017, après un an de protestation, ces derniers ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d’un conflit armé qui n’a cessé de prendre de l’ampleur. La torture, les enlèvements, les assassinats des civils et militaires sont devenus légion. International Crisis group en mai dernier parlait d’au moins 1800 morts et plus de 500.000 déplacés. Des chiffres que Yaoundé a toujours contesté parlant d’une tentative de déstabilisation du pays à partir de l’étranger. Des graves abus commis y compris des attaques contre des écoles, et de l’extorsion » avaient dénoncé en mai 2019 par ces ong des droits de l’homme.

Pour trouver une issue à cette crise,  la Suisse affirme avoir été « mandatée par une majorité des parties pour faciliter un processus de négociation inclusif » pouvait-on lire dans un communiqué publié par le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).  Le DFAE souligne bien plus, qu’il s’emploie à trouver une solution pacifique et durable à la crise dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun, en collaboration avec le Centre pour le dialogue humanitaire », une organisation basée à Genève.

Alors qu’une première rencontre s’était tenue en mai, entre la DFAE et l’opposition camerounaise, une nouvelle rencontre avec « divers groupes d’opposition » camerounais a eu lieu du 25 au 27 juin en Suisse. Le ministère souligne que « l’objectif de cette rencontre était de préparer les futures négociations de paix entre le gouvernement camerounais et l’opposition politique ».

Jean Charles Biyo’o Ella

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