Cameroun: l’armée accusée de viol en zone anglophone

Les forces de défense camerounaise selon l’ong Human Rights Watch ont tué au moins quatre civils et violé une femme depuis la mi-juin 2019 au cours des opérations de sécurité dans la région du Nord-Ouest l’une des zones anglophones du Cameroun. 

Parmi les personnes tuées, selon l’organisation de défense des droits humains, il y a un homme âgé handicapé physique et un jeune homme handicapé mental. «Ces derniers crimes s’ajoutent à une longue série d’exactions commises par les forces de sécurité camerounaises» déclare Lewis Mudge , directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. 

Human Rights Watch affirme avoir interrogé des témoins, des membres de la famille des victimes, du personnel médical et d’autres résidents qui ont décrit les actions des forces de sécurité. Sauf que l’ong reconnait qu’elle n’a pas accédé au Cameroun « depuis que son chercheur s’est vu refuser l’entrée au pays sans explication, le 12 avril 2012″.

Au cours des trois dernières années, les régions anglophones du Cameroun ont été plongées dans un cycle de violence meurtrière qui a coûté la vie à plus de 2000 personnes et entraîner un demi-millions de déplacés selon l’International crisis group. Des chiffres démentis par le gouvernement camerounais.

Dans le quartier d’Alachu, ville de Bamenda, le 10 juillet 2019,raconte HRW, « des soldats de l’armée de l’air camerounaise, basée à proximité, ont tué Nche Otaghie, un homme de 20 ans souffrant d’un handicap mental, et Godlove Neba, un ouvrier du bâtiment, pendant les opérations de sécurité. Fru Benego, un homme de 80 ans, a également été tué par une balle perdue lors d’affrontements entre soldats et séparatistes armés ». Difficile pour le reporter de vérifier ces allégations.

Le 4 juillet 2019 toujours selon la même organisation, des soldats camerounais ont tué Yuo Carine Fru, une infirmière de 24 ans, et blessé grièvement sa sœur de 15 ans à leur domicile à Bamenda. Dans la même veine, des séparatistes armés ont tué un soldat près de chez eux cet après-midi-là et les voisins ont déclaré que le meurtre avait peut-être constitué un acte de représailles ». 

Le 21 juin, un groupe d’au moins 20 soldats, composé de membres du Bataillon d’intervention rapide (BIR), a tué un homme âgé handicapé, handicapé et sa mobilité et violé une femme de 40 ans à Kumbo, Région nord-ouest.

CAS DE VIOL

La victime de viol déclare que «Cinq soldats sont entrés par effraction, m’ont battue et amenée devant la maison de mes voisins. Ils m’ont demandé, à moi et à ma voisine, une femme, où étaient les Amba Boys [séparatistes]. Nous avons dit que nous ne savions pas, alors ils nous ont battus. J’ai été touché au ventre. Un soldat a demandé un préservatif à un collègue et m’a dit de me diriger vers les toilettes. Il m’a suivi avec une arme à feu. Il a dit: ‘Si tu cries ou si tu dis quelque chose, je vais te tuer.’ Il m’a violée et est parti. Quand je suis rentré chez moi, j’ai découvert que tout mon argent avait été volé ».

La femme a pu se rendre à l’hôpital pour recevoir un traitement après le viol le même jour. Mais elle déclare qu’elle n’avait pas signalé le viol aux autorités, craignant des représailles. Elle a depuis fui Kumbo.

La communauté internationale est de plus en plus consciente des crimes commis dans les régions anglophones par les différents belligérants. Les autorités camerounaises ont toujours affirmé que les cas d’abus ne restent pas impunis au sein de l’armée. Tout soldats qui est reconnu coupable d’exactions est sanctionné par sa hiérarchie. Le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en 2018 a demandé l’accès à une enquête sur les violations des droits de l’homme dans la région, faisant part de ses préoccupations concernant le manque d’accès des acteurs des droits de l’homme et des acteurs humanitaires, mais n’a pas reçu l’autorisation. Au cours des dernières semaines, la Suisse a pris des mesures pour négocier les pourparlers entre le gouvernement du Cameroun et les dirigeants séparatistes, dans le cadre d’appels internationaux visant à remédier à la crise.

Jean Charles Biyo’o Ella/ HRW

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