Cameroun: 23è audience d’Amadou Vamoulke ce 9 octobre au TCS

8 octobre 2019

L’ancien directeur général de la CRTV, la radiotélévision nationale est accusé de détournement de fonds publics durant son passage à la tête de cette structure audiovisuelle.

Ce mercredi 9 octobre 2019, l’ancien directeur général de la CRTV retourne devant le juge du tribunal criminel spécial pour la 23è fois consécutive.

Amadou Vamoulké, 69 ans, est arrêté le 29 juillet 2016, puis écroué à la prison centrale de Yaoundé pour des faits allégués de détournements de fonds publics durant son passage à la CRTV. L’ex-patron de l’office de radio télévision nationale entre 2005 et 2016 n’a jamais eu l’occasion de donner sa version faits des charges qui lui sont alléguées. Cette 23è audience devant le tribunal criminel spécial (TCS) sera-t-elle la dernière pour celui que beaucoup appellent pourtant « Monsieur propre »? C’est en tout cas le vœux que formule Reporter sans Frontière qui suit de près ce dossier.

Après plus de trois ans de détention et 22 renvoies consécutifs, RSF a donc décidé de porter le cas Vamoulké à l’attention de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Le rapporteur spécial sur la liberté d’expression et l’accès à l’information ainsi que son homologue en charge des prisons, des conditions de détention et de l’action policière ont été officiellement saisis par l’ONG le 7 octobre.  
En rappelle, les rapporteurs spéciaux sont des mécanismes instaurés par la Commission Africaine des droits de l’Homme et des Peuples, organe de l’Union Africaine, à laquelle le Cameroun est partie. RSF leur a demandé, comme leurs mandats les y autorisent, de prendre attache directement avec les autorités camerounaises, d’entreprendre une visite dans le pays et d’interpeller publiquement les autorités de l’Etat pour leur demander qu’ Amadou Vamoulké soit libéré. « Nombre record de renvois, procédure à rallonge en violation des standards internationaux et du droit camerounais lui-même, détention préventive illégale, absence de soins appropriés malgré l’établissement de plusieurs certificats médicaux, aucun journaliste de la région n’a subi un tel acharnement ces dernières années »,  selon Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de reporter Sans Frontière. 

Mobilisation pour obtenir sa libération

Depuis plusieurs mois, de nombreuses organisations de défense des droits humains ont lancé des pétitions pour dénoncer cette détention qu’elles jugent « illégale et arbitraire » et demandent la remise en liberté de ce journaliste.

Alain Massé, ex-directeur général de Radio France qui est à la tête du Comité international pour la réhabilitation et la libération d’Amadou Vamoulké (CIRLAV), dit connaître Amadou Vamoulké, pour l’avoir côtoyé personnellement. Il affirme qu’Amadou Vamoulké a été « puni pour avoir tenté de faire valoir des principes éthiques ».

Bien plus, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh), ou encore le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), appellent les autorités camerounaises à mettre fin à la « cabale judiciaire », contre l’ancien dirigeant de la radiotélévision publique camerounaise.

Au sujet de son état de santé, deux rapports médicaux, l’un réalisé par l’hôpital central de Yaoundé, et l’autre par l’hôpital américain de Paris, indiquent que le journaliste doit subir des examens et des traitements qui ne peuvent être réalisés sur place au Cameroun.

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