Cameroun: affaire Amadou Vamoulké renvoyée pour une 23è fois

9 octobre 2019

L’ex directeur général de CRTV incarcéré depuis le 29 juillet 2016, à la prison centrale de Yaoundé pour des faits allégués de détournement de fonds publics, n’a toujours pas eu l’occasion de s’exprimer pour donner sa version dans ce dossier.

La 23è audience de l’affaire ministère public contre le journaliste Amadou Vamoulké, ex-patron de la Crtv, l’office de radio télévision nationale, a été reportée une nouvelle fois de façon consécutive au 21 novembre 2019, à la demande du ministère public pour examiner les pièces fournies par la défense. En effet, il s’agit, de deux rapports médicaux produits, l’un par l’hôpital central de Yaoundé et l’autre par l’hôpital américain de Paris, lesquels attestent qu’Amadou Vamoulké est malade et mérite de faire des examens médicaux approfondis hors du Cameroun.

Ce 9 octobre, l’ex-patron de la Crtv est arrivé au Tribunal Criminel Spécial, habillé en boubou et bonnet noirs, le cou soigneusement enveloppé d’une écharpe violette en coton. Amadou Vamoulké qui espérait pourtant obtenir une liberté provisoire à l’issue de cette énième audience pour pouvoir en fin se soigner, est retourné à la prison le cœur meurtri. Au fond de ses yeux dissimulés derrière ses grosses lunettes claires, se lisait le désespoir d’un haut commis de l’Etat abasourdi. A la fin de l’audience, il se lève, tenant à sa main droite, deux bouquins, il serre la main à quelques avocats qui assurent sa défense, discute quelques minutes avec des journalistes, jette un coup d’œil sur la gardienne de prison qui le fixe soigneusement pour lui signifier indirectement qu’il est temps de monter à bord du car qui le ramène au pénitencier de Kondengui, où il séjourne depuis juillet 2016. Impuissant, il baisse sa tête, la secoue deux fois, et dit au revoir à son entourage!

Amadou Vamoilké, 69 est accusé par la justice camerounaise de détournement des fonds publics, soit une somme de 3 milliards de Fcfa.

Tout remonte en 2005 lorsqu’il arrive à la tête de la radiotélévision nationale Crtv, il se dit qu’il aurait paraphé des documents comptables hérités de son prédécesseur, Gervais Mendo Zé (incarcéré à la prison centrale de Yaoundé), lesquels documents portaient un montant supérieur à celui qui figurait effectivement dans les caisses de l’entreprise. D’où le différentiel de près de 3 milliards de Fcfa.

Depuis plusieurs mois, de nombreuses organisations de défense des droits humains ont lancé des pétitions pour dénoncer cette détention qu’elles jugent « illégale et arbitraire » et demandent la remise en liberté de ce journaliste.

Alain Massé, ex-directeur général de Radio France qui est à la tête du Comité international pour la réhabilitation et la libération d’Amadou Vamoulké (CIRLAV), dit connaître Amadou Vamoulké, pour l’avoir côtoyé personnellement. Il affirme qu’Amadou Vamoulké a été « puni pour avoir tenté de faire valoir des principes éthiques ». Bien plus, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh), ou encore le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), appellent les autorités camerounaises à mettre fin à la « cabale judiciaire », contre l’ancien dirigeant de la radiotélévision publique camerounaise.

Jean Charles Biyo’o Ella

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