6ème conférence du fond mondial: les attentes de la société civile camerounaise

10 octobre 2019

La 6ème Conférence de reconstitution des ressources du Fonds Mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme s’est ouverte le 9 octobre à Lyon en France. Son but est de mobiliser donateurs et pays bénéficiaires, afin de recueillir des fonds pour la prochaine période de financement du Fonds Mondial de 2021 à 2023. Le Cameroun, l’un des pays bénéficiaires des ressources de cet organisme onusien, y est représenté au plus haut niveau par son chef de l’Etat. Un véritable espoir pour la société civile camerounaise qui espère des retombées à même de lui permettre de lutter efficacement contre ces trois maladies.

L’ong « Affirmative Action » est l’une des organisations de la société civile camerounaise qui œuvrent dans la lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose et le paludisme. Pour elle, la participation du Cameroun à la conférence de Lyon est un signal fort qui démontre l’engagement du Cameroun à se positionner dans la politique globale d’éradication des trois pathologies.

Seulement, malgré ses progrès dans la lutte contre ces maladies, le Cameroun a toujours une prévalence du VIH de type généralisé, soit de 3,6%, l’une des plus élevées d’Afrique de l’Ouest et du Centre, avec des pics très significatifs au sein des populations clés, 20% chez les homosexuels hommes et 26% chez les travailleuses de sexe. Des jeunes et adolescents ainsi que les filles sont aussi à relever. La co-infection tuberculose/Vih reste élevée, et se situe à 40%. Le paludisme représente aussi 40% des décès chez les enfants de moins de 5 ans au Cameroun.

Participer donc à cette conférence mondiale de haut niveau permet ainsi de reconnaître l’appui du Fonds Mondial depuis 2003 en direction de l’Etat du Cameroun, pour son soutien continu d’une valeur globale de 315.327.841.225 FCFA , à travers 19 subventions reçues, 8 pour le Sida, 7 pour le paludisme et 4 pour la tuberculose. Pour ce qui est de la Transition et le Cofinancement du Fonds(PTC), il faut noter que jusqu’à 30 % des sommes allouées par le Fond Mondial sous forme «d’encouragement au cofinancement », sont accessibles moyennant une augmentation des financements nationaux, selon les conditions différenciées de la politique PTC.

Plaider pour le maintien des fonds catalytiques 

Participer aux discussions sur les orientations de la lutte et influencer les politiques et décisions au niveau global afin de mieux les adapter au contexte financier camerounais, c’est aussi l’une des plus grandes attentes de la société civile camerounaise principalement l’ong « Affirmative Action », qui suit de près cette conférence de Lyon. Par ailleurs, le Fonds mondial projette d’utiliser son influence et ses ressources afin d’amener les investissements nationaux en faveur de la lutte contre les trois maladies à hauteur de 45,8 milliards de dollars US. La conférence est l’occasion d’échanger sur les principales contraintes rencontrées dans le cadre la mobilisation des ressources et l’impact sur la santé des populations les plus affectées. Le financement du plan stratégique national de lutte contre le sida 2018-2022 représente par exemple à lui seul 626 420 398 Euros à mobiliser dans un contexte de crises internes liée au mouvement séparatiste dans la zone anglophone du Cameroun, la secte terroriste Boko Haram à l’extrême-Nord et les incursions des bandes armées centrafricaines dans la région de l’Est.

L’ong « Affirmative Action » espère aussi que le Chef de l’Etat Paul Biya va plaider pour une reconsidération des décisions de sanctions prises par le Fonds Mondial à l’endroit du Cameroun dans le cadre du co-financement. En effet, le Fonds Mondial appelle l’Etat du Cameroun à concrétiser son engagement de co-financement d’une valeur de 73 344 618 euros soit 20% des sommes allouées. Les effets de l’application des sanctions seraient le ralentissement, voir l’arrêt de la mise en œuvre des activités et de la couverture nationale prévue, l’interruption de l’approvisionnement en MILDA ( moustiquaires imprégnées à longue durée d’action), et de l’approvisionnement antituberculeux de première ligne, ainsi que de 40% des besoins en ARV(Antirétroviraux) suspendus. La société civile notamment les personnes infectées et affectées par les maladies pourraient ainsi jouer un rôle clé dans ce processus de négociation lors de la conférence ;

Rencontrer les différents partenaires et bailleurs de fonds clés de la lutte contre les 03 pathologies lors des sessions satellites afin d’échanger sur les pratiques innovantes de mobilisation des fonds domestiques  et mieux comprendre le rôle que pourrait jouer la Société civile et le secteur privé dans la mobilisation des fonds domestiques.

Jean Charles Biyo’o Ella


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