Pollution plastique au Cameroun: les femmes de la société civile interpellent le gouvernement

17 décembre 2019

Bouteilles en plastique qui bloquent un cours d’eau

A travers un chapelet de recommandations formulées au termes d’un atelier tenu à Yaoundé le 11 décembre 2019, les femmes de la société civile camerounaise ont interpelé les pouvoirs publics quant à la persistance de la circulation des déchets plastiques dans la nature au Cameroun. Lesquels sont la cause de plusieurs maladies allant jusqu’au cancer.

Renforcer la surveillance au niveau des frontières, afin d’empêcher l’importation des emballages plastiques interdits; encourager et favoriser l’installation des entreprises de recyclage des plastiques à travers des subventions ou par la réduction des taxes; mettre en application de façon stricte, des lois et décrets sur la gestion des déchets plastiques; autonomiser les communes afin qu’elles gèrent leurs déchets plastiques; proposer les alternatives en termes d’emballage. Telles sont entre autres recommandations formulées par des femmes de la société civiles du Cameroun, à la suite à d’un atelier organisé par l’ong Women Oriented Action for Change (WOAC) le 11 décembre 2019 à Yaounde.

Le constat posé par les femmes, est celui qui saute à l’œil lorsqu’on vit ou on fait escale au Cameroun. La gestion des déchets plastiques est un problème majeur. Car non seulement les entreprises produisent en grande quantité ces plastiques, mais y brûlent tout comme les ménages parfois à l’air libre. A partir d’un quartier, l’on peut apercevoir des colonnes de fumée noire monter au ciel, laissant une forte odeur nauséabonde. Plus grave, des déchets plastiques sont jetés dans les rues et dans les cours d’eau qui serpentent les villes, provoquant ainsi des inondations. La stagnation d’eau dans les bouteilles en plastique qui jonchent les rigoles constitue un milieu favorable pour la reproduction des moustiques qui, par la suite transmettent le paludisme.

femme, plus grande consommatrice du plastique

Des femmes se partageant des sacs plastiques

Les femmes ont une responsabilité particulière vis-à-vis de leur entourage et même de leurs villes. Elles sont les plus utilisatrices des plastiques d’après plusieurs études réalisées sur la question. Dans les marchés, la plupart des « petits commerçants » sont des femmes. Ce sont elles qui font les achats pour les ménages, et sont également responsables de l’entretien de la maison et de l’élimination des déchets. Et dans leurs activités commerciales au quotidien, tout comme leur vie de ménagères, les femmes sont à chaque fois au contact du plastique. Cette consommation abondante se matérialise à travers la fabrication des boissons sucrées et conditionnées dans les bouteilles en plastique. C’est le cas de la plus connue au Cameroun appelée « folere » ( jus naturel extrait des feuilles et fleurs d’une plante naturelle cultivée dans le Grand nord Cameroun). Les femmes sont celles qui utilisent aussi des emballages en plastique pour envelopper « le fufu « de maïs, une espèce de couscous fait à base du maïs. Elle réutilisent les bouteilles en plastique pour revendre de l’huile de palme, l’huile de beurre de karité, du miel, de l’arachide etc.

Pourtant, au Cameroun, la loi du 5 août 1996 relative à la gestion de l’environnement, réglemente la manipulation des déchets et fixe les exigences en matière de déchets dangereux, ainsi que les méthodes de recyclage, de traitement et d’élimination. De plus, un décret interdisant la production, la distribution, la commercialisation et l’importation des plastiques non biodégradables dans le but de réduire les millions d’emballages plastiques utilisés chaque jour et qui bloquent les cours d’eau avait été signé par le ministre camerounais en charge de l’environnement et de la protection de la nature.Mais malgré ces mesures mises en place par le gouvernement pour restreindre l’utilisation des plastiques non biodégradables de moins de 61 microns ou égaux à 60 microns et promouvoir l’utilisation de plastiques biodégradables, le taux de pollution par les plastiques dans les grandes villes du pays reste toujours alarmant.

En apportant donc leur contribution dans la lutte contre ces déchets plastiques, les femmes de la société civile camerounaise non seulement interpellent le gouvernement à vulgariser les lois existant en la matière afin que nul n’en ignore, mais également appellent les entreprises productrices de ces déchets à instaurer une incitation financière ou matérielle sur chaque bouteille retournée, ou travailler avec les entreprises de recyclage pour la collecte des bouteilles utilisées.   Indiquer à travers des publicités comment récupérer leurs bouteilles après utilisation.

Aux entreprises de recyclages, elles leur suggèrent de multiplier le nombre de collecteurs, ceci peut se faire en collaboration avec les communes. Lesquelles collectivités territoriales décentralisées à leur tour devraient sanctionner sévèrement ceux et celles, qui jettent les déchets plastiques dans les rues, les lits des cours d’eau, et les caniveaux.

Jean Charles Biyo’o Ella

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